Dimanche 14 avril 2013, Les preuves de l'existence de Dieu

Lire aux Eclats a proposé le dimanche 14 avril 2013, à 14 h, un échange autour de l'ouvrage d'Antoine Guggenheim, Les preuves de l'existence de Dieu, (Essai, Broché, 2008). 

 

LAE-Guggenheim-Preuves

 Antoine Guggenheim nous provoque, nous bouscule dans nos certitudes, en écrivant un livre sur « les preuves de l'existence de Dieu ». Nous avons en effet un a priori négatif du concept de « preuve de Dieu ». On peut se dire qu'il s'agit d'une démarche scientifique rationnelle or Dieu n'est pas dans le champ de la rationalité mais le dépasse, alors pourquoi vouloir chercher des preuves de son existence ? Ce qui est manifeste ici est une domination de la méthode scientifique dans la recherche des preuves qui se contente d'attester la vérité d'un objet ou d'un phénomène physique de manière logique. Cela a décrédibilisé la démarche de recherche de preuves en théologie, et de fait, la question des preuves a été abandonnée par les théologiens.

Pourquoi donc avons-nous abandonné cette tradition de recherche de preuves ? En page 16 de son livre, Antoine Guggenheim nous dit qu'il s'agit du « résultat d'un affaiblissement de la foi et de la raison dont le lien s'est distendu ». L'éloignement de la foi et de la raison fait que l'on ne cherche plus à rendre compte rationnellement de notre croyance en Dieu.

Or, l'exigence de répondre de nos croyances nous concerne tous, croyants ou incroyants -rappelons nous que l'athéisme est une croyance : l'athée croit que Dieu n'existe pas-. Nous nous posons tous des questions métaphysiques : nous allons mourir, notre vie est encadrée par un commencement et une fin. Pourquoi sommes-nous là, où allons-nous ? vivre c'est avoir des raisons de vivre, et nous sommes tous sommés de justifier notre existence.

RP LAE Guggenheim DT 22Et Antoine Guggenheim insiste : nous devons constamment être en recherche des preuves à nos croyances car cela constitue le pont entre les croyants et les incroyants. Si ces derniers doivent rester ouverts à la question de l'existence de Dieu qui les concerne tout autant que les croyants, les croyants pour leur part doivent accepter d'intégrer à leur révélation intime du mystère de Dieu une part de rationalité.

Pour renouveler dialogue existentiel entre croyants et incroyants, il est nécessaire de renouveler le dialogue théorique entre théologie et philosophie et c'est ce à quoi Guggenheim s'attache à faire. Il ne cherche pas à faire un inventaire de toutes les preuves de Dieu qui pourraient exister mais à évaluer la pertinence de la preuve de Dieu au regard de la tradition, dans le double niveau théologique et philosophique. Il s'est basé exclusivement pour cela sur l'œuvre de Saint Thomas chez qui nous retrouvons précisément cette double préoccupation théologique et philosophique.

Ainsi, le livre de Guggenheim était pertinent dans notre démarche de réflexion sur le contenu du croire d'un point de vue théologique car il réhabilite la raison au travers du concept de preuve dans l'acte de foi. Il nous invite à ne plus considérer la foi et la raison en rupture mais en articulation en s'appuyant sur une lecture renouvelée de la Somme théologique et de la Somme contre les Gentils de Saint Thomas.

Emilie Groueix

 


Quatrième de couverture

Que signifie le concept de preuve de Dieu ? S'il veut dire à la fois argument rationnel et épreuve de la réalité de Dieu, on ne peut s'en passer. Écarter les preuves de Dieu ne crée entre les croyants et les incroyants aucun vrai dialogue. Si la foi est une conviction subjective et irrationnelle, Dieu n'est plus un sujet de rencontre ou de confrontation, mais un objet de respect, ou de mépris. On ne sait plus comment partager l'autorité de son expérience intérieure.

Quand les croyants débattent avec les incroyants au sujet de questions de société qui les concernent tous, ils doivent pouvoir rendre compte de l'ultime fondement de leurs affirmations. Si les chrétiens renoncent à montrer le chemin rationnel de l'affirmation de Dieu, qu'ils ont eux-mêmes découvert, pourquoi les incroyants seraient-ils attentifs à leurs voix ?

Ces pages proposent une recherche fondamentale, historique, philosophique et théologique, sur la fonction des preuves de Dieu, ou mieux, des voies vers Dieu. On y réfléchit à la théologie comme intelligence de la foi et interprétation des Écritures dans la pensée contemporaine.


 

Antoine Guggenheim

Antoine Guggenheim est prêtre du diocèse de Paris (1993). Il a créé et dirige actuellement le Pôle recherche du Collège des Bernardins, ainsi que le cycle doctoral de sa Faculté de théologie.

Dimanche 20 janvier 2013, J'ai tant douté de toi

Lire aux Eclats a reçu le dimanche 20 janvier 2013, à 14 h, Eric Venot-Eiffel pour son ouvrage, J'ai tant douté de toi (Ed. Mediapaul, Broché, septembre 2012, préface d'Olivier Le Gendre). 

 

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Dans cet ouvrage l'auteur témoigne de son expérience de prêtre marquée par une très longue "nuit de la foi", moment de doute spirituel extrême vécu et surmonté au cours duquel il ne sait plus s'il croit et ce à quoi il croit. Ce témoignage de foi très fort d'un prêtre catholique devenu aumonier de prison nous a semblé très riche d'enseignement et nous permettra de réfléchir ensemble au thème de l'année de Réseau Picpus : Croire.

> Entrée libre. Plus d'infos : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Garde d'enfants possible sur demande. 

 


Quatrième de couverture

Et soudain, l'épreuve tombe : c'est comme si la nuit entrait en moi. Je sens ma foi se retirer. Dieu, la vie éternelle, ce sont des inventions des hommes. J'ai bâti mon existence sur le vide. Je suis sonné...

Ce jour-là, dans son couvent, Éric Venot-Eiffel ne sait pas qu'il vient d'entrer dans une nuit de la foi qui durera... 17 ans !

Dix-sept longues années où ce religieux Carme ne «saura» plus s'il croit, ni ce qu'il croit. Comment tenir ? Comment vivre en vérité cette traversée ? Comment «habiter» sa vocation de prêtre lorsque l'aube du matin de Pâques semble ne jamais devoir se lever ?

Pour ne pas sombrer, cet amoureux de la mer écrit, entre Paris où il vit alors et l'île d'Ouessant, son refuge et son ermitage. Il ose confier ses doutes, ses hésitations, son lent et patient travail de fidélité au coeur de l'obscurité.

Le formidable témoignage d'un prêtre devenu aujourd'hui aumônier de prison, porteur d'une fragile lumière au coeur des nuits carcérales...

Dimanche 25 novembre 2012, Des raisons de croire

Lire aux Eclats recevra le dimanche 25 novembre 2013, à 14 h, Michel Malherbe pour échanger à partir de son livre Des raisons de croire, Defaut, 2008, 90 p.

 

RP LAE Malherbe web

Ce texte du philosophe français contemporain Michel Malherbe est tiré d'une conférence donnée en 2005.


Dans cet ouvrage, l'auteur livre une réflexion en cinq temps sur les croyances. Il commence en constatant que l'on croit nécessairement, mais que certaines croyances sont bonnes et d'autres mauvaises, certaines vraies et d'autres fausses, et qu'il est donc important de les analyser pour les démêler les unes des autres. Examinant par la suite la différence entre croire et savoir et la relation entre la croyance et la science, Michel Malherbe nous aide à entrer dans l'étude des rapports de la croyance avec la vérité et la raison. Il évoque également, parmi les éléments qui composent sa recherche systématique sur le thème, la force du témoignage et le fait de croire à autrui. Cet ouvrage, qui nous introduit à la recherche de la vérité via l'étude des justifications à nos croyances, est un outil précieux pour aborder notre thème d'année.

> Entrée libre. Plus d'infos : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Garde d'enfants possible sur demande. 

 

 


 

 

Quatrième de couverture  

Nous commençons par croire, cela est certain ; et nous n'avons d'abord pour appui que la force de nos croyances. Mais il faut enfin se détacher de soi, il faut trouver des raisons qui certes justifient celui qui croit, mais qui sont d'abord au service de la vérité. Car ce qui importe vraiment, c'est de connaître la vérité. Et il est certain également que nombre de nos croyances resteront irrémédiablement des croyances, en dépit de tous nos efforts de connaissance. Soit ! Nous ne connaîtrons pas par preuve. Essayons cependant d'avoir de bonnes raisons d'embrasser la vérité, même quand nous n'en avons que l'apparence. L'essentiel est dans ce passage de l'apparence à la vérité, ainsi que dans les moyens d'y satisfaire ; que ce passage soit en même temps l'effort de celui qui croit et de moi-même quand je crois, je m'en réjouis ; mais je ne me soucie pas d'être justifié, je me soucie de rendre justice à la vérité dans la mesure de mon pouvoir.

 

 


 

michel malherbeMichel Malherbe est professeur émérite à l'Université de Nantes, spécialiste de l'empirisme anglo-saxon ; il est traducteur de Bacon, Locke et Hume. Il dirige les collections « Analyse et philosophie » et « Bibliothèque des philosophies » chez Vrin.

Ses travaux présents sont principalement consacrés à la philosophie de langue anglaise et à l'empirisme, et plus particulièrement à la philosophie écossaise (philosophie du sens commun, philosophie de la nature humaine, etc.). Il poursuit aux éditions Vrin sa traduction des Essais et des Enquêtes de Hume : Essais moraux et politiques (1999), Enquête sur les principes de la morale (2002), Enquête sur l'entendement humain (sous presse). Il a récemment édité et annoté le Discours préliminaire de d'Alembert (Vrin, 2000) et publié une étude sur le livre I, quatrième partie, du Traité de la nature humaine de Hume (Seuil, 2002).

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